Alain Trudel – L’harmonie en soi

Ayant vécu une jeunesse modeste sur le Plateau Mont-Royal auprès de sa mère, c’est grâce à la contribution d’un groupe bénévole qu’Alain Trudel se retrouve plongé dans l’univers musical au sein d’un brass band (cuivres & percussion) de son quartier, surnommé les Rythmiks de Montréal.

Ayant vécu une jeunesse modeste sur le Plateau Mont-Royal auprès de sa mère, c’est grâce à la contribution d’un groupe bénévole qu’Alain Trudel se retrouve plongé dans l’univers musical au sein d’un brass band (cuivres & percussion) de son quartier, surnommé les Rythmiks de Montréal.

À prime abord,il espérait être de la section des trompettes ou des percussions, mais le destin a fait qu’il s’est retrouvé à jouer du trombone. Le penchant communautaire de Monsieur Trudel lui permet d’apprécier le microcosme sociétal que représente un orchestre. En effet, les différentes composantes du corps orchestral pouvant représenter les nombreux types d’individus formant notre société, puis, les moyens de parvenir à créer une certaine synergie dans le groupe seraient les stratégies mises en place pour un bien-vivre ensemble.

À ses débuts, il interprétait surtout des pièces jazz. Ses parents étaient musiciens jazz (son père était batteur de jazz et sa mère chanteuse de cabaret). Il devait avoir aux alentours de 14 ans lorsqu’il a joué sa première pièce classique (5e danse hongroise de Brahms). L’école de quartier fermait et il avait entendu parler de l’école Joseph-François-Perrault (JFP pour les intimes), qui offre un programme de musique. Ce tournant donne une nouvelle direction à sa vie. Il nage dans la musique du matin au soir. Il aime surtout examiner les partitions et c’est ce qui interpelle son professeur, Raymond Grignet, qui lui propose de dirigerrégulièrement de courts extraits lors de répétitions. À 15 ans, il dirigeait donc de façon hebdomadaire. Il se souvient aussi de l’un de ses mentors, Gérald MacLeay, qui dirigeait la chorale de l’école et qui enseignait l’appréciation des grandes œuvres de la musique classique (et qui était généreux de ses conseils quand Monsieur Trudel lui apportait régulièrement ses propres compositions).La salle Alain Trudel, située en face du gymnase de l’école Joseph-François-Perrault porte aujourd’hui son nom.

Parallèlement à ses études à JFP, il fréquente le conservatoire et en devient un porte-parole passionné.

À l’âge de 17 ans, après avoir été finaliste à une audition internationale de l’Orchestre symphonique de Montréal à titre de tromboniste, il y joue durant environ deux années à titre de premier surnuméraire. Lors de ce séjour extrêmement formateur, il demeure toutefois fasciné par l’étude des partitions. Il rencontre entre autres Franz-Paul Decker (ancien chef Allemand de l’OSM dans les années ’70) qui lui transmet une foule de connaissances et qui l’invite à occuper le poste de trombone solo del’Orchestre symphonique de Barcelone. Durant cette période, il remporte plusieurs premiers prix dont le Tremplin international du Concours de musique du Canada et le Concours de l’OSM.

Dans sa trentaine, il est finaliste pour les postes de Directeur artistique de Windsor et de Victoria (où il est nommé Premier Chef invité).

Par la suite, il est nommé Chef principal de l’Orchestre de Radio-Canada, Directeur artistique de l’Orchestre de London et Premier Chef des concerts famille au Centre National des Arts.

Il passa les quinze dernières saisons à la direction de l’Orchestre symphonique de Laval, organisme qu’il hissa au plus niveau artistique (finaliste au prix Junos en 2021) et à sa meilleure santé financière.

Monsieur Trudel est présentement Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Toledo (États-Unis) qui côtoie notamment les Yoyo Ma, Audra McDonald et même Queen Latifah de ce monde. De plus, il reprend les rênes du Brott Music Festival (Hamilton) du regretté Maestro Boris Brott. Il est donc Directeur par intérim du National Academy Orchestra afin de veiller à la pérennité du travail de feu MaestroBrott.

Nous surveillerons de près l’itinéraire de Monsieur Trudel qui dirige notamment la création de l’Opéra La Flambeau (Février 2023) du pianiste David Bontemps. À noter également à l’agenda, Les illuminations avec la soprano Magali Simard-Galdès et l’Orchestre classique de Montréal (Mars 2023). Pour ceux qui s’en souviennent, il y aura également la Symphonie de la tempête du verglas (qui commémore la traversée de la crise du verglas de 1998) de Maxime Goulet.

En définitive, osons croire, à l’image du chef d’orchestre Alain Trudel, à cette symbiose entre les humains afin de nous accorder vers cette même tonalité pouvant favoriser une harmonie planétaire.