Né en 1981 à Montréal, Allen est le 6e enfant d’une fratrie de 8. Il grandit dans une famille aimante et soudée dans le quartier Parc-Extension. Ses parents, portés par des idéaux pour leur pays d’origine, Haïti, décident de s’y installer pour contribuer au bien-être de la population haïtienne, malheureusement sous l’emprise de Duvalier.
Allen est alors exposé à l’activisme social et au leadership de ses parents. Il les observe et assimile leurs valeurs. Cette attention et cet apprentissage lui permettront de devenir ce qu’il est aujourd’hui : un créateur et un leader.
Lorsque la famille décide de revenir au Canada, Allen a terminé l’école primaire. Il entame alors ses études secondaires à Montréal. Dans son cahier de finissant, il exprime le souhait de devenir avocat criminaliste ou de travailler en marketing et communication. D’une certaine manière, ce souhait s’est réalisé.
Il poursuit ses études au Québec et s’inscrit au programme Droit et société au Collège Dawson, puis continue en Sciences politiques à l’université. Il complète sa formation à l’école de droit. Le droit, le service social et la politique l’interpellent et il découvre ainsi sa vocation.

Après s’être installé à Ottawa, Allen passe une décennie à travailler pour le cabinet de Justin Trudeau. Son entregent, son aisance en communication et son leadership lui permettent d’occuper divers postes et de collaborer avec plusieurs ministres.
Au cours de cette période, il rencontre de nombreuses personnes issues de communautés noires, ce qui lui fait prendre conscience des divers enjeux auxquels celles-ci sont confrontées. Cette prise de conscience allume en lui une flamme qui ne s’éteindra plus.
Il constate de nombreux enjeux similaires à travers les provinces du Canada. Parmi ceux-ci, on peut citer le manque de représentation des communautés noires, la valorisation insuffisante de leurs accomplissements, le manque de financement des organismes de soutien et les barrières systémiques qui entravent le progrès et le succès individuel et collectif des communautés noires en affaires.
En 2019, Allen doit relever l’un de ses plus grands défis : faire avancer les initiatives pour les communautés noires et développer une structure pour les soutenir. Avec un budget de 551 millions de dollars, la tâche n’est pas aisée !
Il obtient un poste important en tant qu’organisateur de campagne politique en Ontario, ce qui lui permet de nouer de nouvelles connexions et de développer des relations avec des personnes influentes.
Pour lui, la politique est un moyen d’apporter des changements à grande échelle et d’avoir un impact durable. Il garde donc une ouverture d’esprit à la possibilité de devenir candidat politique à l’avenir, car « on ne sait jamais où la vie va nous mener. »
En 2021, il quitte le monde politique pour s’orienter vers le monde corporatif. Cependant, lors d’un séjour en Turquie pour visiter sa copine, il fait un rêve marquant qui change complètement sa trajectoire.

Centre culturel Afro de Montréal
Un projet d’une telle envergure ne se réalise pas en un clin d’œil. Il convient d’abord de rappeler qu’en 2021, Montréal a été désignée comme la capitale noire du Canada. Les Noir.e.s (caribéen.ne.s, africain.e.s) représentent la plus grande population ethnique de la ville, ainsi que de la province de Québec. Malgré cette force démographique, il n’existe pas d’espace dédié à la mise en valeur de l’art et de la culture de ces communautés, par et pour ces communautés. C’est précisément l’objectif du Centre culturel Afro de Montréal.
Inauguré en 2021, ce centre a pour mission de préserver et de promouvoir le patrimoine culturel et artistique des communautés noires. Il s’agit d’un espace destiné à favoriser la synergie des efforts et des énergies pour mettre en lumière les communautés noires, avec la volonté claire de reprendre en main le récit qui les entoure.
Allen est très fier de ses réalisations. En 2017, alors qu’il travaillait dans un cabinet, il a reçu un appel du Parti libéral pour diriger une campagne électorale au Lac Saint-Jean, dans un comté qui n’avait pas voté pour ce parti depuis 38 ans. Arriver sur le terrain, constituer une équipe, former des bénévoles, collecter les fonds nécessaires, établir une structure pour la campagne électorale en 40 jours et, ce faisant, remporter l’élection est une victoire mémorable.
Il déclare également avec confiance et fierté : « Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir créé le Centre culturel Afro de Montréal, car c’est le plus grand projet d’infrastructure culturelle dans l’histoire du Canada pour les communautés noires, réalisé en si peu de temps, comparé à d’autres projets similaires qui peuvent prendre jusqu’à 15 ans. De plus, c’est un projet de 35 millions de dollars, dont 22 millions de dollars ont été financés, alors que je n’avais aucune expérience… C’est un projet dans lequel j’ai décidé de me lancer, et pour moi, c’est une réalisation difficile à égaler ! »
Il ajoute : « Le bonheur d’avoir pu prouver que les communautés noires peuvent travailler ensemble pour créer quelque chose de grand est immense. J’ai réussi à rassembler des personnes afin qu’elles collaborent à une vision commune. »
La soirée Héritage, un événement prestigieux visant à célébrer et reconnaître des membres des communautés noires qui excellent dans des domaines variés, tels que la philanthropie, la science, la politique et le commerce, est l’une des grandes fiertés d’Allen. Malgré quelques réticences lors de sa création, en raison du coût d’entrée (500 $), la première édition a rencontré un franc succès (à salle comble), et les années suivantes ont nécessité la mise en place d’une liste d’attente.
Le bal Afrikana célèbre les créations des personnes noires et met en avant les habits traditionnels afro-descendants et caribéens. La forte participation à ces événements témoigne d’un besoin de reconnaissance pressant et du vide qu’ils viennent combler.
Allen est pleinement conscient de l’aide et du soutien qu’il a reçu pour atteindre ses objectifs. Le centre culturel Afro de Montréal est dirigé par un conseil d’administration exceptionnel. Il souhaite particulièrement saluer Patricia Fourcand, Ismaël Bolly et Nathalie Marcelin, dont les contributions sont essentielles au bon fonctionnement du CCAM.
Être bien entouré et soutenu est sans aucun doute un aspect primordial du succès. L’entregent, la capacité à communiquer, à tisser des liens et à faire preuve de leadership en font également partie. Allen Alexandre incarne toutes ces qualités. Je me demande ce que l’avenir lui réserve. Je suis certaine qu’il nous réserve d’autres surprises.




















