D’origine haïtienne, les parents de Madwa Cadet ont immigré au Canada dans les années 1980.Ils l’ont eue à 21 ans et ont profondément influencé son parcours. Ils plaisantent souvent en disant que Madwa et son père ont fait leurs études en même temps : son père en comptabilité et Madwa à l’école secondaire.
Elle reconnaît qu’inconsciemment, ses parents l’ont guidée vers une carrière politique. Leur maison était constamment remplie de personnes dans le besoin.
Elle déclare :
« J’ai grandi dans une maison où il y avait toujours quelqu’un de passage, cherchant un endroit où habiter temporairement, et ce, jusqu’à mes 18 ans. »
Aider ceux qui cherchent du soutien est devenu pour elle une seconde nature.
À 18 ans, Madwa s’engage dans la politique provinciale. À l’époque, l’attachée de presse de Line Beauchamp recherche des jeunes pour représenter la circonscription.
Elle devient présidente de la commission jeunesse. Le congrès qu’elle préside en 2013, intitulé Un Québec sans limites, aborde les questions de mobilité sociale et d’épanouissement personnel, des thèmes qui l’interpellent encore aujourd’hui.

Madwa poursuit ses études dans le domaine du service public, se spécialisant en droit administratif avant d’obtenir une maîtrise en politique publique aux États-Unis.
Bien qu’elle explore la politique fédérale et municipale, c’est la politique provinciale qui la passionne véritablement.
L’année 2022 s’avère charnière pour Madwa Cadet : elle donne naissance à un petit garçon et est élue à l’Assemblée nationale. Ses parents la soutiennent pleinement dans cette aventure.
Après 14 ans d’implication informelle dans le comté d’Henri-Bourassa/Sauvé, celui où ses parents ont grandi, Madwa est fière de s’y engager formellement. Dans le cadre de ses fonctions, elle aspire à promouvoir l’équité des chances et la mobilité sociale, souhaitant créer une circonscription où chacun peut réaliser son plein potentiel.
Mme Line Beauchamp et son souhait d’inclure davantage de jeunes filles en politique ont beaucoup marqué Madwa. En 2008-2009, le discours n’était pas axé sur la diversité et l’inclusion. Voir l’équipe de Mme Beauchamp insister sur cet aspect a inspiré la députée de la circonscription d’Henri-Bourassa/Sauvé à poursuivre dans cette voie.
Yolande James, députée de la circonscription de Nelligan à l’Assemblée nationale du Québec de 2004 à 2014 et avocate, inspire Madwa, qui s’apprête à commencer ses études en droit. Ayant également débuté à la commission jeunesse, Madwa retrouve plusieurs points communs avec le parcours de Mme James, ce qui en fait un modèle à suivre.
Madwa admire Mme James en tant que première jeune femme noire ministre au Québec. La voir à l’œuvre lui a ouvert de nouvelles perspectives sur ses propres possibilités.

Madwa est fière de rester authentique dans un milieu qui pousse souvent à se dénaturer.
Elle note que le langage politique est empreint de combativité, marqué par des affrontements et des stratégies complexes. Le jeune députée ne se reconnaît pas dans cet environnement.
Plus jeune, elle hésitait à entrer en politique par crainte de perdre son authenticité. Attirée par la politique, elle apprécie qu’elle permette de façonner l’environnement dans lequel on vit, même si l’aspect show-business l’intéresse moins.
Cela fait deux ans que Madwa figure dans le palmarès des élus : lors de sa première année, elle est reconnue comme étoile montante, et lors de sa seconde, comme perle cachée de l’Assemblée nationale. Ces distinctions témoignent de son engagement à rester fidèle à elle-même.
Elle parvient à faire de la politique à sa manière tout en obtenant des résultats, sans avoir besoin de s’engager dans une dynamique de confrontation, ce qui lui procure une grande satisfaction.
La députée d’Henri-Bourassa/Sauvé a ses secrets. L’écriture de fiction est une passion que Madwa chérit. En secondaire 5, elle élabore un projet personnel consistant à écrire un livre. Son œuvre est un roman historique qui raconte l’histoire d’une jeune femme haïtienne luttant pour la liberté de son peuple lors des élections de 1957, alors que François Duvalier se présente, et qui meurt à Fort Dimanche en 1964. Un thème captivant et intense pour une adolescente de 16 ans ! Lors des projets d’équipe, Madwa se porte volontaire pour être la scénariste. Ce rôle lui tient particulièrement à cœur.
Son emploi du temps chargé l’oblige à trouver des moments de détente entre ses responsabilités. Les exigences de sa profession et son rôle de mère d’un charmant petit garçon de 3 ans ne lui laissent guère de temps pour se ressourcer. Elle s’appuie donc sur de petits moments volés.
Pour Madwa Cadet, ce qui compte le plus, c’est de voir les gens réussir. La réussite personnelle des jeunes et des adultes issus de communautés marginalisées lui apporte une immense joie. Pour elle, le bien-être des autres est source de bonheur.Madwa chérit toujours cet espoir de publier un livre. Peut-être qu’un jour nous aurons le bonheur de lire l’une de ses œuvres de fiction.



















