Cette approche trop protocolaire détonnait avec le courant des années ’70 qui mettait plutôt à l’avant-scène le ballet jazz.
Pendant un moment, Anik a plutôt opté pour cette tendance moderne en prenant des cours de ballet jazz à travers des cours parascolaires de son école secondaire. Elle se fit aussitôt remarquer par son professeur qui l’encouragea à poursuivre le ballet jazz auprès de Monsieur Eddy Toussaint. Ce fut une période d’euphorie pour Anik qui dansait sur la musique disco et tant d’autres thèmes variés. Lorsque Monsieur Toussaint offrit une Bourse à Anik c’était à la condition qu’elle se remette au ballet classique – quelques jours par semaine – auprès de Camilla Malachenko. Anik retournait à ses anciennes amours. Cette fois, une meilleure appréciation de la danse classique s’instaurait. Probablement parce qu’elle pouvait bénéficier du meilleur des deux mondes – le classique et le jazz – dans son emploi du temps.
Durant cet intervalle, l’école de Ballet Eddy Toussaint se dirigeait vers le néo-classique. Puis, de fil en aiguille, Anik fit de plus en plus d’apparitions sur scène par l’entremise de diverses compagnies ou lors de galas à travers le monde. C’est ainsi qu’elle a eu ses premiers rôles : Gisèle (en Russie), Le Lac des Cygnes (France), Roméo & Juliette, etc. L’acquisition de tant d’expérience la fit réellement tomber en amour avec la danse classique. Anik encourage d’ailleurs les jeunes à explorer différents styles afin d’aimer réellement ce qu’ils font. Il lui est même arriver d’apprécier beaucoup plus le fait de se retrouver en studio que sur scène tellement elle s’y sent à son aise.
Pour Anik, la danse représente une discipline qui influence toutes les sphères de sa vie. Même si elle ne se retrouve plus sous les projecteurs, elle conserve des habitudes bien ancrées qui façonnent son quotidien : alimentation équilibrée, maintien d’un corps et d’un esprit sains. La formation en danse classique est très structurée bien qu’elle ait évolué à travers le temps. De plus, l’entraînement est venu s’y greffer. Les danseurs se sont donc transformés en de vrais athlètes sachant performer tant au niveau classique, moderne que contemporain. La conscience du corps est plus présente étant donné l’entourage et le soutien aux danseurs d’aujourd’hui que ce soit à travers des cours de Pilates, de renforcement, l’appui de coachs et de professionnels de la santé (physiothérapeute, ostéopathe, nutritionniste, psychologue). Il en va de même pour le bien-être et la force mentale.
Suite à une carrière florissante de près de deux décennies aux Grands Ballets Canadiens, Anik s’assure à présent du bien-être global de la relève en tant que directrice artistique et pédagogique de l’École supérieure de ballet. Elle s’entoure d’une équipe prête à soutenir les jeunes danseurs dans les aspects fondamentaux de leur vie, prônant ainsi leur épanouissement. Par exemple, l’école offre des cours de cuisine pour encourager une bonne nutrition et un apport quotidien suffisant en calories. Anik croit au fait de se surpasser dans la mesure où cela demeure sain. Elle considère que la danse peut très bien servir de tremplin vers d’autres avenues.
La discipline est toujours d’actualité dans la vie d’Anik Bissonnette. Elle s’entraîne avec la méthode Essentric créée par une ex-danseuse, Miranda Esmonde-White, en plus de jouer au tennis. Elle se considère privilégiée de se rendre à l’École supérieure de ballet pour retrouver ce havre qui permet de s’exprimer presque dans une sorte de recueillement. Un studio de danse représente à ses yeux un espace permettant l’échange interpersonnel. Ce qui lui vaut le respect en sa qualité d’altruiste.




















